mercredi 11 mai 2016

Promenade à Fez


Le marché de la drogue explose en France

Le cannabis génère un chiffre d'affaires estimé à une valeur moyenne de 1 117 millions d'euros. Selon une étude de l'Institut national des hautes études de la sécurité et de la justice (Inhesj), le marché illicite des stupéfiants a représenté deux milliards trois cent mille euros en 2010. Avec un chiffre d'affaires en hausse dans tous les secteurs (cannabis, cocaïne, héroïne et drogues de synthèse). Deux milliards trois cent mille euros. C'est la dernière estimation, arrêtée à l'année 2010, du marché illicite des stupéfiants réalisée par l'Institut national des hautes études de la sécurité et de la justice (Inhesj). À lui seul, le cannabis génère un chiffre d'affaires estimé à une valeur moyenne de 1 117 millions d'euros - soit une augmentation de 33 % entre 2005 et 2010. Le volume moyen de transactions, 154 tonnes en 2010, reste stable, la hausse du chiffre d'affaires étant dû à l'augmentation du prix du cannabis. Un produit par ailleurs plus chargé en substance active pour une même quantité standard de cannabis. Le marché de la cocaïne a progressé, passant d'un chiffre d'affaires de 488 millions en 2005 (pour 8,3 tonnes consommées) à 902 millions d'euros (pour 15 tonnes consommées). Le prix de détail de la cocaïne a quasiment été divisé par trois entre 1990 et le milieu des années 2000, passant de 150 euros le gramme à 60 euros, voire moins en fonction du lieu de vente et de la qualité du produit. L'héroïne confirme quant à elle «son retour», selon les chercheurs. Son marché est estimé entre 204 et 329 millions d'euros en 2010 pour des quantités consommées entre 5,1 et 8,2 tonnes. L'étude dresse enfin une es

mercredi 2 décembre 2015

Un ballon qui me hante

Non, je ne vous parlerai pas ici de foot, ni de rugby, ni d'aucun sport d'aucune sorte, contrairement à ce que le titre de billet suggère. Je vous parlerai ici d'une autre sorte de ballon, bien plus fascinante et riche en émotion : la montgolfière. Cet été, j'ai en effet vécu réalisé un vol en montgolfière qui me hante pas mal depuis. Cette aventure s'est déroulée près de Melon, et a commencé dans un champ, au matin avant l'aube, alors que l'aérostier étendait le ballon sur le sol. Le soleil n'était pas encore visible et mes amis et moi regardions ce ballet parfaitement orchestré. Au bout d'un moment (qui m'a paru d'autant plus long que je ne m'étais pas vêtu chaudement), tout a enfin été prêt et nous avons pu embarquer sur la nacelle, qui a aussitôt quitté le sol pour s'élever tout en douceur. Et j'en ai pris plein les yeux, à mesure que nous prenions de l'altitude. Pour tout dire, c'est presque impossible d'imaginer à quel point le monde est différent, vu d'en haut. Dans un film qui a marqué mon adolescence, il y a une scène que j'aime tout particulièrement : c'est quand Robin Williams grimpe sur son bureau et raconte qu'il faut savoir regarder sous un angle différent. Et c'est ce à quoi servait ce vol en montgolfière, d'une certaine façon : c'était un moyen unique d'admirer le monde sous un nouvel angle. Et je peux vous dire que le monde est différent, dès lors qu'on l'admire à 100 mètres d'altitude ! Pour vous donner une idée : vous avez déjà admiré la terre depuis depuis la verrière d'un petit avion ? Eh bien, ça n'a vraiment rien à voir ! Dans une montgolfière, l'absence de paroi de verre fait que vous profitez pleinement de l'expérience : tous les sens sont mis à contribution ! Depuis ce jour, j'y repense souvent. Ce vol en montgolfière à Melon est devenu ma façon à moi de prendre de la hauteur face au climat actuel. Et dans un monde où les gens se promènent avec des ceintures explosives, ça m'est chaque jour utile ! Faites cette expérience en vous renseignant directement auprès du prestataire de baptême en montgolfière. Cliquez sur le lien pour le contact.

Chirurgie robotisée: 144 morts

Aujourd’hui, l’expression « chirurgie robotisée » correspond principalement à un cas pratique : l’utilisation par les chirurgiens d’un appareil appelé « télémanipulateur », souvent de marque Da Vinci. Le robot n’est pas autonome, il faut le considérer comme un outil permettant au chirurgien d’opérer à distance, comme je le décris longuement dans cet article. 144, c’est le nombre de passagers morts dans le crash de l’A320 en mars (hors équipage), en quelques secondes. 144, c’est aussi le nombre de personnes décédées aux USA des suites d’une opération chirurgicale robotisée, entre janvier 2000 et décembre 2013. 144, ça fait beaucoup, ça fait peu ? C’est la question, un peu délicate, qu’on se pose depuis la publication d’un rapport, le 13 juillet, sur les complications survenues en chirurgie robotisée aux États-Unis. Le robot de « Terminator » s’opère lui-même (James Cameron, 1984) Réalisé par plusieurs professeurs d’université américaines (et le MIT), le document analyse les 10 624 complications médicales recensées par la FDA, l’Agence américaine des produits alimentaires et médicamenteux. En substance, voilà ce qu’il dit : parmi les 10 624 complications, on en recense 144 ayant conduit au décès du patient et 1 391 dues à des blessures, le reste concernant des dysfonctionnements matériels ; logiquement, les spécialités chirurgicales ayant largement recours aux robots, telles que l’urologie et la gynécologie (voir cet article), connaissent moins d’accidents que celles ayant peu recours aux robots (comme la neurologie) ; les dysfonctionnements de matériels cités plus haut sont, par ordre décroissant d’importance : la chute d’une pièce abîmée dans le patient, la formation d’un arc électrique entre les instruments, des opérations involontaires de l’instrument, des « system errors » et une mauvaise retransmission vidéo (empêchant de voir l’intérieur du patient). « Cette étude ? c’est du bullshit ! » Le robot Da Vinci divise le milieu chirurgical. Une distinction nette, comme un coup de scalpel, entre ceux qui sont contre et ceux qui sont pour. Guy Vallancien, chirurgien urologue, 70 ans, déjà interrogé sur Rue89 à propos de la médecine de demain, fait clairement partie des défenseurs : « 144 morts sur 1,7 million de patients opérés, ça fait moins de 1 décès pour 10 000. C’est un chiffre extrêmement faible et ça demeure un taux tout à fait acceptable. » Et puis de toute façon, dit-il, cette étude, « c’est du bullshit ! » Même le Collège royal de chirurgie de Londres accable le rapport. Interrogé par la BBC, son porte-parole explique : « Les auteurs notent que “peu ou pas d’informations ont été fournies” sur les causes des décès. Ils pourraient donc être liés aux complications inhérentes à la chirurgie, pas au robot. » L’urologue Guy Vallancien poursuit l’argumentaire : « L’étude ne compare même pas la chirurgie robotisée aux autres chirurgies. En fait, il ne s’agit même pas d’une étude, elle n’a pas été relue par un comité d’édition. C’est une annonce brute de décoffrage, juste des chiffres, voilà tout ! » Arnold Schwarzenegger dans « Terminator Genisys », d’Alan Taylor Abdel-Rahmène Azzouzi, urologue au CHU d’Angers, se situe à l’extrême opposé de Guy Vallancien. Dans le milieu, il est reconnu comme la « grande gueule » réfractaire au robot Da Vinci. Il s’oppose « depuis plusieurs années à l’installation d’un télémanipulateur dans [son] service à Angers ». Pour lui, cette étude n’annonce rien de nouveau : « Quelques années plus tôt, on apprenait que 77 cas de décès étaient liés à l’utilisation d’un robot chirurgical. L’étude montre que les chiffres augmentent de manière régulière. Sur 1,7 million de patients traités, 144 morts, ça peut paraître peu significatif. Sauf que là, ces gens, ils sont morts parce qu’ils ont été opérés au robot. La cause n’est pas la maladie, c’est la technologie de l’intervention ! » « Un combat d’arrière-garde ! » Guy Vallancien reprend : « C’est typiquement une querelle d’anciens et de modernes. Ceux qui n’ont pas eu la chance d’en avoir un, ceux-là, ils tirent à vue, ils sont contre. Mais croyez- moi, c’est un combat d’arrière-garde ! » Quand je demande à Abdel-Rahmène Azzouzi ce que ça lui fait d’appartenir à l’arrière-garde, il me répond : « Ça me fait marrer, c’est moi qui suis de l’arrière-garde ? Prenons une opération courante en urologie, la prostatectomie. Ceux qui utilisent le robot perpétuent une pratique inventée le 7 avril 1904, à savoir l’ablation de la prostate. Ils peuvent le faire les yeux bandés, les mains attachées dans le dos, en apnée dans un bac d’eau, avec un robot, un télémanipulateur, dans tous les cas, ils retirent la prostate, comme on le faisait déjà en 1904. Si ça c’est de l’innovation... » Pour lui, la vraie innovation, celle qu’il défend, c’est la thérapie focale. Cette technique permettrait de traiter les tumeurs naissantes.

Audi, BMW et Daimler contre Google

Les trois constructeurs seraient sur le point de racheter Nokia Here, la filiale cartographie du groupe finlandais. Derrière cette acquisition, un bras de fer entre Google et le secteur automobile traditionnel avec plusieurs milliards de dollars à la clé. La guerre de la cartographie se poursuit et prend une dimension nouvelle. Audi, Daimler et BMW sont sur le point de se grouper pour acheter Nokia Here, le service de cartographie numérique du groupe finlandais. Cette acquisition, si elle devait se concrétiser, s’élèverait à 2,5 milliards de dollars (2,27 milliards d’euros), a indiqué mardi le Wall Street Journal. Mais, au-delà de la somme, la négociation en cours illustre le début d’une prise de conscience réelle des constructeurs automobiles face à la puissance de Google. Et marque leur volonté de résister à un rouleau compresseur qui entend bien devenir un acteur incontournable de la mobilité. Le grand public ne connaît pas Nokia Here. Et pourtant, quatre voitures sur cinq dans le monde avec un écran intégré sont équipées de la cartographie scandinave. Il est le leader sur son segment, présent dans près de 100 pays. En 2014, les licences vendues par Nokia Here à l’industrie automobile ont représenté la moitié des 970 millions de dollars de son chiffre d’affaires. En revanche, le grand public connaît Google Maps, arme de connexion massive et gratuite de Google. Google Maps est utilisé par un milliard de personnes chaque mois. C’était, en 2013, l’application mobile la plus utilisée sur la planète, selon une étude de l’institut GlobalWebIndex. Mais c’est aussi un assistant de navigation plutôt efficace. Résultat : non seulement les smartphones ont fait leur nid dans l’habitacle des voitures et déventousé les boîtiers GPS des concurrents, mais Google a imposé un standard, obligeant ces derniers à s’aligner et à proposer, eux aussi, des applications de navigation gratuites (avec des options payantes) alors que leur modèle économique était basé sur le payant à 100%. Au passage, Google a déposé sur place son grand rival Apple, qui lui tente de s’imposer avec son application Apple Plans, mais qui a pâti d'un mauvais démarrage. En 2012, il avait même tenté de virer Google Maps de sa bibliothèque App Store, avant d’être obligé de la réintroduire sous la pression des utilisateurs d’iPhones en colère. Aujourd’hui, la question des boîtiers est réglée. La bataille se joue sur un autre terrain. «L’enjeu, c’est de savoir qui va contrôler la console centrale, le tableau de bord», décrypte Franck Cazenave, auteur du livre Stop Google (édition Pearson), dans lequel il décrit la stratégie du géant américain pour s’imposer dans la mobilité physique. L’objectif de Google — et d’Apple — est de s’installer de façon permanente dans un espace qui jusqu’à présent lui était fermé : la voiture. Ils ont mis un pied dans la portière avec leurs smartphones, mais ce n’est qu’une étape. De plus en plus de voitures sortent des chaînes de fabrication avec des écrans intégrés au tableau de bord, offrant notamment un assistant de navigation installé par défaut — en général le fameux Nokia Here. Ce que veulent Google et Apple, c’est permettre au conducteur de transférer l’écran de son smartphone sur celui de sa voiture. Le premier avait ainsi annoncé en 2014 l’arrivée d’Android Auto, interface développée à partir de son système d’exploitation vedette (un milliard de smartphones dans le monde tournent avec Android). Le second avait lancé Carplay quelques semaines avant, basé sur le même principe. Le conducteur connecte son appareil et retrouve sur l’écran du tableau de bord une sélection de ses applications, celles qui sont compatibles avec les impératifs de sécurité : téléphonie, messagerie, musique en ligne, info trafic, info météo… et, bien sûr, navigation routière. Autant de services, connectés pour la plupart, qu’un constructeur automobile ne peut proposer, sauf à suggérer au propriétaire de prendre un deuxième abonnement internet spécialement pour sa voiture… ce qu’il ne fera pas. De nombreux constructeurs s’apprêtent donc à laisser ces deux géants du numériques s’installer dans l’habitacle de leur voiture. Hyundai a annoncé fin mai que sa Sonata, vendue aux Etats-Unis, serait la première à intégrer Android Auto. Carplay devrait suivre, a promis le coréen.

vendredi 13 novembre 2015

Enfer fiscal

Durant un meeting qui a eu lieu à Reykjavik en Islande vendredi dernier, je me suis retrouvé à table avec un participant qui défendait l'idée selon laquelle il fallait taxer encore davantage les riches. Même si je ne l'ai pas (trop) montré, son point de vue m'a vraiment assommé tant il était réducteur et en dehors des réalités. Parce que s'il y a une chose que j'ai pu voir, c'est que les impôts et les aides aux revenus ont une face sombre : ils pèsent négativement sur la détermination à travailler et à produire de la richesse. Et pire encore, ce constat vaut aussi bien pour le riche que pour le pauvre. Parce qu'en toute logique, un désir excessif d’égalité met à mal le potentiel de croissance d'une économie. Plus la répartition de la richesse se fait systématique et insistantes, moins il y a, de fait, de richesses à attribuer. D'une certaine manière, le fait de prendre la pelle à gâteau et de dire son envie de scinder le gâteau le fait déjà rapetisser ! Si survient alors un ralentissement économique, l'individu qui s'obstine à mettre l’accent sur la redistribution mord la main qui le nourrit. En étant trop imposés, les hommes les plus travailleurs sont en effet découragés de concourir à la richesse. Et en étant systématiquement entretenus, les habitants les moins créatifs sont également moins encouragés à contribuer au confort de tous ! Et je suis prêt à parier que ce problème sera dans peu d'années fort délicat à résoudre. Je ne sais si on optera pour plus de croissance (en tempérant ce désir d’égalité) ou pour une répartition à tire-larigot (quitte à saper les fondements de la richesse), mais je crains que la démagogie dont font preuve les politiques ne nous conduisent à la deuxième option. Ne vous méprenez pas, ces constatations ne sont en aucune façon une ode à l'inégalité. Une trop forte inégalité n’est résolument pas souhaitable. Dans un monde rongé par les inégalités, la disparité entre les privilégiés et les plus modestes conduit fatalement à la violence. Mais je maintiens qu'une exigence excessive d’égalité mine aussi la capacité de croissance, et est donc tout autant à éviter. Malheureusement, ce meeting à Reykjavik m'a montré que les discours démagogiques, pour creux qu'ils soient, avaient encore de beaux jours devant eux. Et si vous souhaitez participer au prochain colloque, allez sur le site de l’agence séminaire en Islande pour vous inscrire – suivez le lien.

La Grèce va t'elle se transformer ?

Pour obtenir un troisième plan d'aide, Alexis Tsipras a soumis jeudi à ses créanciers "de nouvelles propositions concrètes". Ces réformes très attendues seront examinées dimanche lors d’un nouveau sommet des dirigeants européens. Il a tenu parole. Conformément aux attentes de la zone euro, le Premier ministre grec Alexis Tsipras a soumis jeudi 9 juillet les détails d’un nouveau plan de réformes à ses créanciers, condition nécessaire mais pas forcément suffisante à l’obtention d’un troisième plan d’aide européen. "Les nouvelles propositions grecques ont été reçues par le président de l'Eurogroupe, Jeroen Dijsselbloem, il est important que les institutions les prennent en compte dans leur évaluation", a indiqué ce porte-parole, Michel Reijns, sur son compte Twitter. Ces réformes seront examinées samedi par les créanciers d’Athènes et rediscutées dimanche lors d’une nouvelle réunion des 28 chefs d’État et de gouvernement européens. Mais si ce plan de la dernière chance n’est pas jugé satisfaisant par l’Europe, une sortie de la Grèce de l’UE, "grexit", serait probable. La Grèce s'était engagée cette semaine à des réformes sur la fiscalité et les retraites en échange d'un prêt sur trois ans du Mécanisme de stabilité européen (MES), fonds d’urgence de la zone euro. Pour l’heure, les Grecs apprennent à vivre avec peu d'argent liquide. La fermeture des banques grecques, qui dure déjà depuis huit jours ouvrables, est prolongée jusqu’à lundi 13 juillet. Néanmoins, la Banque centrale européenne (BCE) a décidé de continuer à alimenter le secteur bancaire grec, afin d’éviter son effondrement.